{"id":160,"date":"2022-04-26T11:42:00","date_gmt":"2022-04-26T09:42:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.sophieannedelhomme.com\/?p=160"},"modified":"2024-04-21T21:33:04","modified_gmt":"2024-04-21T19:33:04","slug":"critiques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.sophieannedelhomme.com\/index.php\/2022\/04\/26\/critiques\/","title":{"rendered":"Critiques"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\"><strong>Nos admir\u00e9es<\/strong> <br><em>\u201c7 femmes\u201d <\/em><br><em>Lydie Salvayre (onlalu.com)<\/em> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Emily Bront\u00eb, Marina Tsvetaeva, Virginia Woolf, Colette, Sylvia Plath, Ingeborg Bachmann, Djuna Barnes\u2026 Sept \u00e9crivains. Sept pierres tombales que Lydie Salvayre, tambour battant, descelle et passe au karsher. Soufflant la vie sur leurs glorieux linceuls, elle r\u00e9anime les femmes de chair au c\u0153ur de l\u2019\u0153uvre. Et, par son talent, rend vivants leurs c\u00e9l\u00e8bres visages, leurs regards pos\u00e9s sur nous. Sept \u0153uvres dont elle d\u00e9crit l\u2019influence au fil de sa propre vie litt\u00e9raire, de sa vie tout court, et en cela partage une exp\u00e9rience qui ne manque pas de r\u00e9sonner pour nombre d\u2019entre nous. Sept \u201cfolles\u201d qui ont en commun l\u2019\u00e9criture au centre de leur existence, pour le meilleur et pour le pire. La force et la beaut\u00e9 du texte pour le meilleur, la trag\u00e9die de vivre pour le pire. Peut-on \u00e9crire et vivre ? En sont-elles mortes ? Lydie Salvayre a-t-elle pens\u00e9 \u00e0 Barbe Bleue, en choisissant de rendre la vie \u00e0 ces sept \u00e9pouses ? De folles, elles deviennent \u201callum\u00e9es\u201d quelques lignes plus bas, le choix de l\u2019expression projetant la question dans notre \u00e9poque. O\u00f9 il n\u2019y a plus \u00e0 choisir entre coudre des boutons ou \u00eatre excommuni\u00e9. Peut-on \u00e9crire et vivre : \u00e9tait-ce la question qui tourmentait Lydie Salvayre l\u2019ann\u00e9e o\u00f9 le go\u00fbt d\u2019\u00e9crire l\u2019ayant quitt\u00e9 elle s\u2019est tourn\u00e9e vers ses \u201cadmir\u00e9es\u201d ? Chacune \u00e0 sa mani\u00e8re y r\u00e9pondra : Sylvia douce et inqui\u00e8te, Colette sceptique, Djuna dubitative, Ingeborg pensive, Tatiana r\u00e9sign\u00e9e, Emily indiff\u00e9rente, Virginia r\u00e9serv\u00e9e, le sourire de politesse. Sept variantes, droit dans les yeux, pour une m\u00eame \u00e9vidence que paraphe avec fougue Lydie Salvayre. \u201cL\u2019\u0153uvre est l\u2019existence. Ni plus, ni moins.\u201d <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-large-font-size wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\"><strong>Autrement dit<\/strong> <br><em>\u201cL\u2019In\u00e9dit\u201d  Carnets intimes <\/em><br><em>Marie Cardinal (onlalu.com)<\/em> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle tape \u00e0 la machine, comme le confirment les pages dactylographi\u00e9es qui scandent le livre, pages choisies et arrach\u00e9es de son journal intime, journal de bord de la difficult\u00e9 d\u2019\u00e9crire, de la difficult\u00e9 d\u2019y croire. De la d\u00e9sesp\u00e9rance parfois, mais aussi de la joie devant la beaut\u00e9 du monde. Les filles de Marie Cardinal, disparue en 2001, ont rassembl\u00e9 des fragments de textes d\u2019\u00e9poque et de natures diverses, \u00e9clairant la trame d\u2019une vie de femme engag\u00e9e dans sa vie d\u2019\u00e9criture. Hormis les extraits dat\u00e9s de son journal, on y trouve une interview d\u2019elle-m\u00eame par elle-m\u00eame, exercice au long cours dont la m\u00e9canique trouble et ravit. Celle-ci est entrecoup\u00e9e de textes en italiques, fictions, souvenirs, fragments d\u2019histoires, morceaux d\u2019images qui ent\u00eatent comme le parfum des girofl\u00e9es sauvages dans le jardin de la bastide o\u00f9 se livre le face \u00e0 face de l\u2019\u00e9crivaine avec elle-m\u00eame, un dialogue, parce que \u201cle monologue me tue\u201d. Sur un clapot l\u00e9ger \u201cL\u2019in\u00e9dit\u201d vogue \u00e0 travers les lieux et les \u00e9poques, l\u2019Alg\u00e9rie natale, la nostalgie de l\u2019enfance, la Provence et Paris, plus tard le Canada, les voyages et les luttes. Le bonheur d\u2019une vie dans toute sa complexit\u00e9, comme elle l\u2019\u00e9crira si bien: \u201cLe bonheur. Le bonheur \u00e0 six branches, \u00e0 deux t\u00eates, \u00e0 sept queues. Ce mot dans ma t\u00eate. Il vrombit, il grince, il s\u2019enraye comme une perceuse.\u201d <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-large-font-size wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Formule magique<\/strong> <br><em>\u201cManifeste de Dingdingdong\u201d <\/em><br><em>Alice Rivi\u00e8res (onlalu.com)<\/em> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ding dingue dong ! Trois notes l\u00e9g\u00e8res pour un sujet tr\u00e8s grave, et un \u00e9crivain appara\u00eet. Alice Rivi\u00e8res, signe avec ce premier texte, ce \u201cManifeste du Ding Ding Dong\u201d, un t\u00e9moignage rare et pr\u00e9cieux. Il \u00e9tait une fois trois s\u0153urs : Alice la plus jeune a trente ans lorsqu\u2019elles comprennent que leur m\u00e8re s\u2019enfonce dans une maladie irr\u00e9versible dont on ne parle pas, mais dont on sait vaguement qu\u2019elle \u201ctra\u00eene\u201d dans la famille :  la maladie de Huntington mieux connue par son syndrome aux \u00e9chos moyen\u00e2geux, la danse de Saint Guy. Une affection neurologique incurable dont le porteur du g\u00e8ne sait avec certitude qu\u2019il d\u00e9veloppera la maladie, sans savoir quand ni comment, entre trente et cinquante ans selon les statistiques. Une maladie pour laquelle la m\u00e9decine moderne dispose d\u2019un test g\u00e9n\u00e9tique, mais rien d\u2019autre : la r\u00e9v\u00e9lation engendrant la mal\u00e9diction. Pendant dix ans, jusqu\u2019\u00e0 ce que la maladie l\u2019envahisse, la m\u00e8re d\u2019Alice cachera \u00e0 ses filles qu\u2019elle se sait porteuse du g\u00e8ne. \u201cVous dire une choses pareille alors que vous aviez vingt ans et des poussi\u00e8res\u2026\u201d Alice et ses s\u0153urs confront\u00e9es \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 de \u201ccette affaire\u201d, se trouveront alors devant le terrible dilemme de faire ou ne pas faire ce test. Un tragique histoire de pile ou face. Et Alice sait que, si elle ne le fait pas,  elle sera hant\u00e9e par le doute comme une maison perturb\u00e9e nuit et jour par un fant\u00f4me tr\u00e8s encombrant. C\u2019est de l\u2019extraordinaire effroi de cette travers\u00e9e que na\u00eet le Manifeste de Ding ding dong dans lequel Alice, f\u00e9e Clochette \u00e0 l\u2019assaut des \u201cformules tragiques\u201d cr\u00e9\u00e9 un sillage vivant qui \u00e9labore le pari que la maladie de Huntington soit l\u2019occasion de \u201cfaire pousser la pens\u00e9e\u201d. Un manifeste pour f\u00e9d\u00e9rer une constellation d\u2019individus anim\u00e9s par la m\u00eame tension vitale \u00e0 fabriquer quelque chose qui n\u2019existe pas encore. Ding dingue dong ! Trois notes comme trois s\u0153urs, leur conjuration sonore quand elles ont trop peur de dire Huntington. Mais aussi, ding dingue dong ! Quand elles veulent en rire. Ou lui faire peur. NB. Si vous voulez en savoir plus sur l\u2019association qui suit cette maladie, allez visiter leur site www.dingdingdong.org <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nos admir\u00e9es \u201c7 femmes\u201d Lydie Salvayre (onlalu.com) Emily Bront\u00eb, Marina Tsvetaeva, Virginia Woolf, Colette, Sylvia Plath, Ingeborg Bachmann, Djuna Barnes\u2026 Sept \u00e9crivains. Sept pierres tombales que Lydie Salvayre, tambour battant, descelle et passe au karsher. Soufflant la vie sur leurs glorieux linceuls, elle r\u00e9anime les femmes de chair au c\u0153ur de l\u2019\u0153uvre. 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