{"id":39,"date":"2022-04-28T14:27:28","date_gmt":"2022-04-28T12:27:28","guid":{"rendered":"http:\/\/www.sophieannedelhomme.com\/?p=39"},"modified":"2024-03-01T17:14:26","modified_gmt":"2024-03-01T16:14:26","slug":"test-02","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.sophieannedelhomme.com\/index.php\/2022\/04\/28\/test-02\/","title":{"rendered":"Sunset Paradise"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"400\" height=\"581\" src=\"http:\/\/www.sophieannedelhomme.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/Sunset-Paradise.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-51\" srcset=\"https:\/\/www.sophieannedelhomme.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/Sunset-Paradise.jpg 400w, https:\/\/www.sophieannedelhomme.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/Sunset-Paradise-207x300.jpg 207w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> <em>Avec six photographies d\u2019Olivia Fougeirol. <\/em>Exils, 141 p., 16 \u20ac<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-large-font-size\"><em>Le Monde des Livres<\/em><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Par <a href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/signataires\/fabrice-gabriel\/\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/signataires\/fabrice-gabriel\/\">Fabrice Gabriel<\/a> (29 avril 2022)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sophie-Anne Delhomme avait fait para\u00eetre en&nbsp;2010 un premier roman tr\u00e8s personnel,&nbsp;<em>Quitter Dakar<\/em>&nbsp;(Rouergue), o\u00f9 l\u2019on d\u00e9couvrait sa voix sensible, presque tortur\u00e9e parfois. On la retrouve aujourd\u2019hui sur un autre continent, dans la ville dite&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;des Anges&nbsp;\u00bb<\/em>, pour un livre-dispositif qui joue avec force et subtilit\u00e9 de la forme fragment\u00e9e\u2026 Son titre,&nbsp;<em>Sunset Paradise<\/em>, laisse entendre un \u00e9den couchant, et c\u2019est en effet un peu de la d\u00e9tresse humaine qui est saisie \u00e0 Los Angeles \u00e0 travers l\u2019objectif de l\u2019artiste Olivia Fougeirol, inspiratrice du livre, qui photographie depuis plusieurs ann\u00e9es les figures de&nbsp;<em>homeless<\/em>&nbsp;et passants divers. Il en r\u00e9sulte un texte imm\u00e9diatement captivant, dont on oublie volontiers les ambitions documentaires ou sociologiques pour retenir l\u2019art de la miniaturiste accordant sa prose aux mille&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;choses vues&nbsp;\u00bb<\/em>&nbsp;de la rue, harmonisant les pauses et mouvements de son \u00e9criture au rythme d\u2019une ville-monde dont elle r\u00e9ussit \u00e0 rendre les v\u00e9rit\u00e9s ambigu\u00ebs.\u2014&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-large-font-size\"><em>En attendant Nadeau<\/em><br>Les laiss\u00e9s-pour-compte de Los <strong>Angeles<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.en-attendant-nadeau.fr\/author\/marie-etienne\/\">Marie \u00c9tienne<\/a> (23 avril 2022)<br><br><em><strong>C\u2019est l\u2019histoire d\u2019une \u00e9crivaine, Sophie-Anne Delhomme, qui croise une photographe, <a href=\"https:\/\/www.oliviafougeirol.com\/\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/www.oliviafougeirol.com\/\">Olivia Fougeirol<\/a>, une ville, Los Angeles, et son peuple de paum\u00e9s. Elles se lient d\u2019amiti\u00e9. L\u2019\u00e9crivaine \u00e9crit sur les paum\u00e9s de la photographe qui sont aussi ceux de la ville<\/strong><\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On peut dire que c\u2019est la photographe, Olivia Fougeirol, et ses photographies qui ont inspir\u00e9 le livre de Sophie-Anne Delhomme. D\u2019ailleurs, quelques-unes y figurent. Mais en m\u00eame temps on ne peut pas dire que le texte de l\u2019une illustre les photos de l\u2019autre. Ou l\u2019inverse.<br>Leur association a ceci de plus int\u00e9ressant que la photographe, Olivia, est non seulement la stimulatrice du livre mais qu\u2019elle en est aussi l\u2019h\u00e9ro\u00efne. Elle en est le personnage principal, ou f\u00e9d\u00e9rateur. C\u2019est autour d\u2019elle que s\u2019organisent les figures d\u2019un ballet, le ballet qu\u2019est le livre, son sujet. Olivia est par cons\u00e9quent \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur des pages aussi bien qu\u2019\u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. Regardeuse et regard\u00e9e. Instigatrice et reproduite. Ma\u00eetresse du jeu et manipul\u00e9e, ou, du moins, car le mot est trop fort, capt\u00e9e \u00e0 son tour, prise en photo par les mots et enferm\u00e9e dans le livre.<br>Le projet et sa r\u00e9alisation a cette premi\u00e8re originalit\u00e9. La seconde, c\u2019est son organisation. Une s\u00e9rie de fragments, qu\u2019on peut dans un premier temps consid\u00e9rer comme des \u00ab\u00a0pastilles\u00a0\u00bb, et puis finalement qu\u2019on qualifie, si on les examine, si on les lit vraiment, de photographies \u00e9crites (en cela des rivales des clich\u00e9s d\u2019Olivia), celles d\u2019un paysage urbain multiple, impossible \u00e0 fixer autrement qu\u2019en s\u00e9parant, qu\u2019en isolant au moins quelques-unes de ses composantes. \u00c0 savoir, des humains en transit, sans abri, en qu\u00eate d\u2019une maison, et au moins de quoi vivre, ou survivre.<br>C\u2019est path\u00e9tique et dr\u00f4le. C\u2019est tendre et c\u2019est terrible. C\u2019est une fa\u00e7on d\u2019envisager\u00a0<a href=\"https:\/\/www.en-attendant-nadeau.fr\/2016\/09\/13\/aimer-los-angeles-murat\/\">la Cit\u00e9 des Anges<\/a>\u00a0sous un autre angle. Le titre le rappelle. Non pas, comme on s\u2019y attendrait,\u00a0<em>Sunset Boulevard<\/em>, mais\u00a0<em>Sunset Paradise<\/em>, plus explicite encore. Le cr\u00e9puscule d\u2019un paradis, la fin du r\u00eave. \u00ab\u00a0<em>Need a miracle<\/em>\u00a0\u00bb, propose une pancarte tendue par un de ces paum\u00e9s.<br>Les personnages semblent parfois sortis de nulle part. Ce qui est vrai, si nulle part est la marge dans laquelle ils survivent, dans laquelle ils paraissent parqu\u00e9s, sous un ciel envahi de corbeaux. En v\u00e9rit\u00e9, ils sont comme aimant\u00e9s par certains lieux. Il y a l\u2019autoroute, non loin de l\u00e0 la plage, la mer, le\u00a0<em>shelter<\/em>\u00a0dans lequel ils refluent pour dormir, et surtout le salon de coiffure en plein air, qui vient r\u00e9guli\u00e8rement s\u2019y installer, couper gratis cheveux et barbes \u00e0 femmes et hommes, enfants.<br>Olivia, la photographe, y trouve inspiration et mati\u00e8re \u00e0 clich\u00e9s. En fait, elle se sent proche d\u2019eux, itin\u00e9rante comme eux, \u00ab\u00a0<em>elle travaille sur la solitude, la sienne et celle des autres<\/em>\u00a0\u00bb. Elle n\u2019a qu\u2019un seul point fixe, qu\u2019un objet qui la tienne, son appareil photo. \u00ab\u00a0<em>Elle serait morte sans l\u2019art.<\/em>\u00a0\u00bb<br>Sophie-Anne Delhomme voit avec ses yeux \u00e0 elle, \u00e0 travers ses photos et probablement ses r\u00e9cits. On ne sait si elle-m\u00eame a rencontr\u00e9 ceux dont elle parle. Mais peu importe, elle en parle si bien.<br>On fait, gr\u00e2ce \u00e0 ses mots, la connaissance de ceux qui luttent encore\u00a0: \u00ab<em>\u00a0Il est musicien. Ce qui est important c\u2019est que son cr\u00e2ne soit bien ras\u00e9 autour de son chignon blond. Il a toute la vie devant lui pour r\u00e9ussir mais il faudrait que ce soit maintenant. Il est fauch\u00e9, c\u2019est chiant.\u00a0<\/em>\u00bb<br>De ceux qui n\u2019ont plus d\u2019esp\u00e9rance : \u00ab\u00a0<em>Elle est arriv\u00e9e l\u00e0, toute seule, au bout de cette pelouse de terre et d\u2019ordures, apr\u00e8s un p\u00e9riple dans une g\u00e9ographie de ponts, de friches, de soubassements. Elle attend quelque chose, c\u2019est \u00e9crit sur la pancarte qu\u2019elle tient contre elle et qui fuit dans le r\u00e9troviseur. Anything.\u00a0<\/em>\u00bb<br>Des \u00e9blouis na\u00effs\u00a0: \u00ab\u00a0<em>La plage est \u00e0 deux blocs, blonde elle y court musique aux oreilles, queue de cheval qui danse, jambes dor\u00e9es bondissant de son tee-shirt rose.<\/em>\u00a0\u00bb<br>Des animaux\u00a0: \u00ab\u00a0<em>C\u2019est un coyote, il est mort. \u00c0 moins qu\u2019il ne dorme, la bouche d\u00e9gorgeant de groseille. \u00c0 moins qu\u2019il ne s\u2019abandonne aux chauds rayons du soleil, allong\u00e9 sur l\u2019un d\u2019eux, striant l\u2019asphalte d\u2019une large ligne ros\u00e9e par le sang qui colore la fourrure de son ventre doux.\u00a0<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"650\" height=\"437\" src=\"https:\/\/www.sophieannedelhomme.com\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/delhomme-categorie.jpg.webp\" alt=\"\" class=\"wp-image-207\" srcset=\"https:\/\/www.sophieannedelhomme.com\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/delhomme-categorie.jpg.webp 650w, https:\/\/www.sophieannedelhomme.com\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/delhomme-categorie.jpg-300x202.webp 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 650px) 100vw, 650px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size wp-block-paragraph\"><em>David. Photo Olivia Fougeirol<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais le plus renversant n\u2019est pas l\u00e0. \u00ab&nbsp;<em>Olivia l\u2019a vu la premi\u00e8re. Elle raconte la stupeur, et m\u00eame la peur qui a saisi l\u2019assistance, elle a pens\u00e9 Wouahou&nbsp;! elle a pens\u00e9 c\u2019est lui,&nbsp;<\/em>The One<em>.<\/em>&nbsp;\u00bb Pour elle, il est la beaut\u00e9. \u00ab&nbsp;<em>Le regard tr\u00e8s bleu derri\u00e8re ses lunettes noires, grimaces, figures tourment\u00e9es, un th\u00e9\u00e2tre \u00e0 lui, il est David le h\u00e9ros qu\u2019elle attendait.&nbsp;<\/em>\u00bb Pour tous, il est un ange qui a perdu ses ailes, un sacrifi\u00e9, un crucifi\u00e9, \u00ab&nbsp;<em>de l\u2019escarre d\u2019\u00e9corch\u00e9<\/em>&nbsp;\u00bb.<br>David habite le livre comme l\u2019esprit d\u2019Olivia, sa pr\u00e9sence est trop forte pour qu\u2019on l\u2019oublie, qu\u2019on s\u2019en d\u00e9barrasse&nbsp;; il dispara\u00eet soudain comme il \u00e9tait venu, il fait d\u00e9faut, il manque. \u00ab&nbsp;<em>Olivia y voit l\u2019essence m\u00eame de la r\u00e9alit\u00e9 des<\/em>&nbsp;homeless<em>. Volatile,<\/em>&nbsp;transient<em>. C\u2019est l\u00e0 et ce n\u2019est plus l\u00e0.&nbsp;<\/em>\u00bb Il reste de lui des photos, que David n\u2019a pas vues, qu\u2019il n\u2019a jamais demand\u00e9 \u00e0 voir. \u00ab&nbsp;<em>Agit\u00e9, souffrant, David offre \u00e0 l\u2019objectif ses contours douloureux. Autour du cou, le gilet de sauvetage rafistol\u00e9, deux pneus VTT, un c\u00e2ble de caoutchouc, du scotch.<\/em>&nbsp;\u00bb<br>On peut voir la photo de David dans le livre, on peut voir les lunettes et le gilet de sauvetage qui para\u00eet l\u2019\u00e9trangler, la bouche ouverte, pour quoi&nbsp;? un cri&nbsp;? Olivia parle de sa beaut\u00e9, chacun de sa douceur, de sa bont\u00e9. Un ange. Mais \u00e0 Los Angeles le paradis n\u2019est pas pour lui. \u2014<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-large-font-size\"><em>Artpress<\/em><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Par <a href=\"https:\/\/www.artpress.com\/author\/annabelle-gugnon\/\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/www.artpress.com\/author\/annabelle-gugnon\/\">Annabelle Gugnon<\/a> (avril 2022)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Los Angeles est la ville du r\u00eave. Sophie-Anne Delhomme y a v\u00e9cu, y a rencontr\u00e9 les homeless, y a \u00e9crit <em>Sunset Paradise, <\/em>un livre o\u00f9 se croisent les d\u00e9sirs d\u00e9\u00e7us de ceux qui sont \u00ab venus faire leur ange \u00e0 Los Angeles \u00bb et qui y ont trouv\u00e9 le bas-c\u00f4t\u00e9 d\u2019une route d\u2019errance. Ils y ont trouv\u00e9 aussi la solidarit\u00e9 des coiffeurs b\u00e9n\u00e9voles qui, chaque samedi, coupent gratis au shelter de Santa Monica. C\u2019est l\u00e0 que Sophie-Anne Delhomme a recueilli dans une langue tout en po\u00e9sie les bribes de vies qui composent la rhapsodie de micro-fictions qu\u2019est <em>Sunset Paradise<\/em> : \u00ab <em>Inuit \u00e9gar\u00e9 au soleil, il vient d\u2019Alaska\u2026 <\/em>\u00bb \u00ab <em>Am\u00e9lia veut tr\u00e8s court. [Elle] remercie, r\u00e9cup\u00e8re son chariot et pesamment retourne dans la rue.<\/em> \u00bb \u00ab <em>Jairus attend qu\u2019un m\u00e9t\u00e9ore lui tombe sur la t\u00eate, c\u2019est une blague. Il est dans la rue depuis onze ans\u2026 <\/em>\u00bb \u00ab <em>Beau gosse, m\u00e8che blonde, tatouage, Tony Beach Boy [\u2026] habite sur la plage de Venice. <\/em>\u00bb <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019auteure n\u2019est pas arriv\u00e9e seule au shelter de Santa Monica. Elle y a rejoint Olivia Fougeirol qui photographie depuis des ann\u00e9es les clients sans-maison de ce salon de coiffure de fortune. <br>La photographe est l\u2019h\u00e9ro\u00efne principale du livre et la sortie de  <em>Sunset Paradise<\/em> est accompagn\u00e9e d\u2019une exposition des photos d\u2019Olivia Fougeirol \u00e0 la <a href=\"https:\/\/www.galeriehug.com\/\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/www.galeriehug.com\/\">galerie Hug. <\/a>L\u2019accrochage \u00e0 m\u00eame le mur, en une mani\u00e8re disparate presque sauvage, remet dans leur ambiance urbaine initiale les chairs tann\u00e9es et tatou\u00e9es, les \u00e9clats de carrosserie, les fleurs d\u2019autoroute\u2026 <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces images d\u2019Olivia Fougeirol rejoignent le texte de Sophie-Anne Delhomme pour demander sous l\u2019\u00e9gide du po\u00e8te de Harlem, Langston Hughes : \u00ab What happens to a dream deferred ? \u00bb [Qu\u2019arrive-t-il \u00e0 un r\u00eave diff\u00e9r\u00e9 ?] Se dess\u00e8che-t-il ? Explose-t-il ? Mis en exergue de <em>Sunset Paradise<\/em>, ce po\u00e8me d\u00e9place chacune des vies d\u00e9crites par Sophie-Anne Delhomme du singulier vers l\u2019universel du d\u00e9sir. \u2014<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-large-font-size\"><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-purple-color\">ANNEXES<\/mark><br><br><em>Purple\u00a0MAGAZINE<\/em><br><em><a href=\"https:\/\/purple.fr\/magazine\/los-angeles-issue-30\/david-jones\/\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/purple.fr\/magazine\/los-angeles-issue-30\/david-jones\/\">\u2014 The Los Angeles Issue #30 F\/W <\/a>2018<\/em><br>David Jones<\/h1>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size wp-block-paragraph\">Photography and introduction by Olivia Fougeirol<br>Text by Sophie-Anne Delhomme<br>Translation by Peter Behrman de Sinety<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><br><\/strong>I met David in the shelter, where I have three friends who give free haircuts on Saturdays. I\u2019ve been taking portraits of their customers for the past 10 years. One day, David appeared \u2014 straight out of a&nbsp;<em>Mad Max&nbsp;<\/em>movie. I asked him if I could take his picture. He thanked me, said yes, and from then on, every time he came, which was regularly for five years, we did portraits. He\u2019s not very talkative, likely a veteran but not willing to speak about anything too personal. At the beginning of the month, with the little money he gets from the government, he rents a motel room to rest for a night or two. I once ran into him at the 99 Cents store on Fairfax, where he was shopping for sardines and beef jerky. David spends most of his time in the Valley, but also travels great distances on his bicycle. He\u2019s subject to epileptic episodes, which is a major reason for all the protections he wraps himself in, in case he has an attack while riding his bicycle, his \u201craft.\u201d David is a very gentle person, with the bluest eyes and the most incredible style. An artist, shipwrecked, in LA. \u2014 OF<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"https:\/\/static.purple.fr\/2018\/09\/OLIVIA-FOUGEIROL_07-copie.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/static.purple.fr\/2018\/09\/OLIVIA-FOUGEIROL_07-copie.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-274754\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size wp-block-paragraph\"><em>Photo Olivia Fougeirol<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Olivia saw him coming before the others. The shelter was crowded that day; you could feel the worry in the air as he arrived helmeted in plastic bags and fluorescent tape, equipped with a life vest, knobby tires, rubber tubes. Long strides. A quick lap around the little space reserved for the barbers. Costume or straitjacket? That day, she sneaked a photo of him.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">The next Saturday, after his shave, he agreed to have his picture taken. Grimaces, tortured looks, a one-man theater, keen blue eyes behind dark glasses. Week after week he came back, spoke little, said thank you, always went away in a hurry, except sometimes when he lay down exhausted beside his bicycle. His raft, all done up in his image with foam and fluorescent tape, debris, rags to protect him from the sun, from others, from himself. Prince of castaways, he never parted with his life vest, his bracelet supply of Scotch tape to keep his rig together. One photo after another, he\u2019s David, the hero she\u2019s been waiting for.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">For five years, Olivia photographed David at their meeting place, the Santa Monica shelter barbershop. One day, he didn\u2019t show up. She had spoken to him about the book she was preparing; she couldn\u2019t tell if there was a link. Maybe it was time for him to move on. He had given her permission to use his image, in beautiful handwriting signed \u201cDavid Jones Transient.\u201d She also knew he came from the Valley, a long way even by bicycle, and that he wasn\u2019t young. On the cover, she framed David\u2019s bare legs, stretched out on the concrete of the shelter; they bear the stigmata of the street.&nbsp;<em>Of the fulminate of a ripe volcano, of trance-stone, of patience, of tumors, of cooked tumors, and of the bed-sores of a skinned man.<\/em>&nbsp;She thinks of the texts of Antonin Artaud. The weeks go by; she hopes he isn\u2019t lost forever.&nbsp;<em>Ah give us skulls of embers \/ Skulls scorched by the sky\u2019s thunderbolts \/ Clear skulls and real skulls \/ Skulls pierced by your presence.<\/em>&nbsp;David, bare-skulled after a session at the shelter, eyes cast skyward, irises blank. Where are you? <em>\u2014<\/em> SAD<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avec six photographies d\u2019Olivia Fougeirol. Exils, 141 p., 16 \u20ac Le Monde des Livres Par Fabrice Gabriel (29 avril 2022) Sophie-Anne Delhomme avait fait para\u00eetre en&nbsp;2010 un premier roman tr\u00e8s personnel,&nbsp;Quitter Dakar&nbsp;(Rouergue), o\u00f9 l\u2019on d\u00e9couvrait sa voix sensible, presque tortur\u00e9e parfois. 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